En 2024, 15,9% des salariés du privé ont quitté leur employeur. © Hellowork
Le phénomène a traversé l’Atlantique et le nombre de démissions a fortement cru. Thot Cursus
Principales raisons pour lesquelles les salariés quittent leur CDI dans la première année
Bien entendu, chaque situation de départ est unique et il peut exister autant de raisons spécifiques, de contextes particuliers et de combinaisons de facteurs qu’il y a d’entreprises, de secteurs d’activité, de profils de collaborateurs et de cultures organisationnelles différentes. Néanmoins, au-delà de cette diversité apparente et de la singularité de chaque cas individuel, les études menées auprès des salariés démissionnaires et les analyses approfondies des motifs de rupture font ressortir des tendances lourdes et récurrentes.
Voici donc les principales causes structurelles qui, de manière quasi systématique et transversale à tous les types d’organisations, peuvent en général être identifiées comme étant à l’origine ou constituant la cause principale et déterminante de ces départs prématurés, particulièrement durant les premiers mois cruciaux qui suivent l’embauche.
Décalage entre promesses et réalité
- Le poste ne correspond pas à la description initiale
- Les missions annoncées lors de l’entretien diffèrent de la réalité
- Les conditions de travail réelles décevantes par rapport aux attentes
- Culture d’entreprise survalorisée pendant le recrutement
Problèmes de management
- Manager absent, incompétent ou toxique
- Manque de reconnaissance et de feedback
- Micromanagement excessif ou au contraire, abandon total
- Communication défaillante avec la hiérarchie
- Absence de soutien dans la prise de poste
Intégration ratée (onboarding déficient)
- Accueil inexistant ou bâclé le premier jour ou pas de formation adaptée au poste
- Manque d’accompagnement durant les premières semaines
- Sentiment d’isolement et de ne pas faire partie de l’équipe
- Absence de référent ou de mentor
Mauvaise ambiance de travail
- Conflits entre collègues ou équipes ou un climat de travail toxique (gossip, compétition malsaine)
- Manque de cohésion d’équipe
- Valeurs de l’entreprise non alignées avec celles du salarié
Facteurs générationnels (surtout jeunes diplômés)
- Recherche de sens au travail non satisfaite
- Besoin de reconnaissance immédiate non comblé
- Attentes élevées en matière d’impact et de responsabilités
- Moins d’attachement à la stabilité du CDI
Inadéquation culturelle
- Valeurs de l’entreprise incompatibles avec les siennes
- Mode de fonctionnement trop rigide ou trop laxiste
- Pratiques éthiques questionnables découvertes après l’embauche
- Style de communication ne correspondant pas
Les leviers concrets de la fidélisation d’un employé
S’il existe une cause identifiable au départ des collaborateurs, il existe également, dans la très grande majorité des cas, une ou plusieurs solutions concrètes et actionnables pour y remédier. Ces solutions sont parfois mal comprises, mal interprétées ou sous-estimées par les employeurs, qui peuvent les juger trop coûteuses, trop chronophages, insuffisamment prioritaires face aux enjeux opérationnels immédiats, ou tout simplement peu rentables à court terme. Pourtant, l’investissement dans la fidélisation s’avère systématiquement plus profitable que celui consenti pour recruter sans cesse de nouveaux talents. La bonne nouvelle, c’est que les leviers d’action ne manquent pas et qu’ils ont fait leurs preuves dans de nombreuses organisations qui ont su les mettre en œuvre de manière cohérente et durable.
Voici donc plusieurs axes stratégiques majeurs, largement documentés et reconnus par les professionnels des ressources humaines et les études menées auprès des salariés, qui se révèlent particulièrement efficaces pour augmenter significativement l’engagement émotionnel, renforcer l’attachement durable et développer le sentiment d’appartenance des collaborateurs à leur entreprise, réduisant ainsi mécaniquement le turnover et les départs prématurés.
- Proposer une politique de rémunération juste et attractive, complétée par des avantages sociaux : mutuelle premium, tickets-restaurant, plan d’épargne, prise en charge du transport ou réductions partenaires.
- Soigner l’expérience collaborateur dès l’onboarding : accueil personnalisé, parcours d’intégration, accompagnement au démarrage et évaluation régulière.
- Améliorer la qualité de vie au travail : espaces optimisés, télétravail, flexibilité des horaires, ergonomie des postes, ambiance conviviale ou esprit d’équipe.
- Mettre en place des plans de formation et des perspectives d’évolution : mentorat, formations adaptées, mobilité interne, plans de carrière et promotion.
- Valoriser les efforts et reconnaître les succès : feedback positif, communication ouverte, système de primes ou de récompenses.
- Favoriser l’implication et l’écoute : canaux de communication ouverts, enquêtes de satisfaction, “stay interviews” (entretiens de fidélisation), prise en compte des idées et suggestions du terrain.
- Le manque de flexibilité (horaires, télétravail) ou d’avantages adaptés aux attentes modernes.
- L’ennui au travail, la monotonie des tâches et l’absence de stimulation ou de nouveaux défis.
- Un mauvais “fit” culturel, c’est-à-dire une inadéquation entre les valeurs/personnalités des salariés et celles de l’entreprise.
Ces différents éléments renforcent l’importance d’un onboarding sérieux, d’un management bienveillant, de perspectives claires et d’une culture d’entreprise partagée pour limiter le turnover. - La confiance que peut avoir certains dirigeants en se disant maintenant qu’il est là, il osera pas repartir.
- Privilégier un management participatif : autonomie, co-construction, partage des responsabilités, leadership positif, dialogue constant.
- Promouvoir une culture d’entreprise forte et authentique, incarnée au quotidien, source de sens et de fierté pour tous les salariés.
Pendant la période d’essai
sont rompus, tous secteurs confondus
Dans la 2ème année
démissionnent (cadres – moins de 35 ans)
Taux de bonheur au travail
dans le monde se déclarent heureux au travail



